Bien contente de m´etre fiée à mon intuition et de ne pas avoir suivi les rumeurs non fondees (maintenant , je peux le dire ! ) des habitants de San Pedro qui me prenait pour une folle en sachant que j allais prendre ce train, le voyage entre Calama au Chili et Uyuni en Bolivie en valait vraiment la peine. Une vraie merveille mais chut c´est encore un secret pour beaucoup ...
23h, hall de la gare de Calama, la nuit s´annonce fraiche si l´on en croit l´accoutrement des ptites mamies boliviennes toutes emmitouflees comme des bonhommes de neige qui superposent les couches de vetements chauds et les chales en Alpagua.
23h30, l´unique wagon de voyageurs qui attend tranquillement ses passagers sur le quai se remplit doucement : chargement plutot insolite, gaziniere, matelas, des centaines de yahourts, des sacs de pommes (au moins on ne crevera pas de faim en route si le train s arrete ! ), des ecrans d ordinateurs et encore autres fantaisies.
Une majorite de boliviens, une poignee de chiliens et quelques touristes venus experimenter ce moyen de transport encore bien mysterieux.
Depart a minuit avec une ponctualite impressionante.
Dans le wagonnet, les presentations commencent, Gonzalo, chilien d´une soixantaine d´années qui vient a Uyuni pour faire de la négociation (apres j´ai pas tout compris en quoi consistait son travail ! ), et Gael et Delphine, 2 francais tres sympathiques qui vivent en bus et qui ont decidé de se faire un ptit voyage en Amerique du Sud. On se prepare pour affronter le froid, on se sert tous les uns contre les autres, une vraie solidarite et de la bonne humeur, on improvise des lits avec nos sac a dos, on se glisse dans nos sacs de couchage et on empile les couvertures de chacun.
Resultat des courses, on a creve de chaud malgre la temperature bien hivernale, mais j´ai dormi comme un bebe bercée par le balancement du wagon sur les rails : ma capacite a m´endormir en un temps record dans un confort plutot minime en a encore rendu jaloux plus d´un.
7h du mat, peu de temps apres le lever du soleil sur les grandes étendues de sel, 1er arret a Ollague, dernier village chilien. La locomotive nous abandonne, 4h d attente dans ce décor irreel digne d´un film du far west. Tampon de sortie du Chili apposé sur le passeport sans aucun souci, et c´est reparti, on regrimpe dans le wagon apres avoir recupere une nouvelle locomotive et de nombreuses cargaisons de sel.
Quelques minutes apres avoir franchi la frontiere, c´est a Avaroa, 1er village bolivien que nous attendons a l´immigration pour obtenir le tampon bolivien.
La ligne ferroviere, qui a l´origine n´est qu´un service de train-cargo transportant des minerais, traverse des paysages tres variés et spectaculaires : alternance de désert, de salar, de vastes étendues a perte de vue avec en arriere plan des chaines de montagnes et des volcans dont certains laissent encore s´échapper quelques nuages de fumée. Apres des kms sans aucun signe de vie, de petits villages attisent notre curiosite. Quelques vigognes et lamas levent la tete a notre passage.
Vision lointaine, perspective a l´infini, impossible d´evaluer les distances, les illusions optiques nous font perdre la tete : mirage ou pas mirage, on ne le saura jamais.
Apres 18h de voyage pour faire 460 km, je realise a peine qu´on arrive a Uyuni, ville completement perdue au milieu de nulle part. A defaut de rejoindre Stephane qui a eu quelques petits soucis en route, je me prepare pour 3 jours de jeep dans la region du Sud Lipez et du salar d´Uyuni.
La suite au prochain episode. |